Privé de Récré!

Cela me rend toujours triste quand j’entends parler d’enfants privés de récréation à l’école, d’autant plus lorsqu’il s’agit de petits kinesthésiques. Certains adultes ne savent sans doute pas ce qu’ils déclenchent ainsi…

Pour les sportifs, c’est clair, il est recommandé de s’entrainer et de faire une pause. Une fois par semaine, on ne pratique aucune activité physique. Pour la musculation, on s’entraine deux jours puis vient une pause obligatoire. Elle est indispensable si l’on veut progresser. Le temps de pause vient donner du repos certes, mais il permet surtout un temps d’intégration. Il ne sert absolument à rien de s’entrainer si l’on ne peut pas intégrer. C’est le moment de re-création, ou récréation.

« Son usage scolaire est documenté dès 1482, désignant le temps de repos accordé aux élèves.. Le sens actuel s’installe au XIXe siècle, en lien avec une vision pédagogique visant à « reconstituer la force de travail et l’attention » après une période d’étude. »

Fâché avec les maths à cause d'une privation de récréation

Enfant kinesthésique privé de récré

Un enfant kinesthésique déploie des trésors d’inventivité pour contrôler son corps à l’école alors qu’il a tellement besoin de bouger!

Si vous ne connaissez pas le profil de votre enfant, amusez-vous avec le questionnaire à votre disposition; votre enfant  a-t-il un profil visuel? Auditif? Kinesthésique? Plusieurs profils combinés?

Utilisez  >>>Le questionnaire ici
ou les vidéos si votre enfant a moins de 7 ans. Vous les trouvez dans la rubrique les outils située tout en haut de cette page sur l’onglet de chacun des profils: par exemple ici Comment savoir si mon enfant est kinesthésique.

Les kinesthésiques sont plutôt actifs et souvent ils ne tiennent pas en place. Mais ils sont également particulièrement sensibles et émotifs.

Vous aurez de la facilité à vous appuyer sur les profils visuels et auditifs. Le kinesthésique, quant à lui, a besoin de concret et de faire avec son corps pour bien mémoriser. Il a une personnalité très spécifique, pas toujours facile à vivre.  Pour connaitre ses besoins et fonctionnements, un ouvrage a été publié:

Le livre des kinesthésiques,  Je ne peux PAS m’empêcher de BOUGER! Mode d’emploi d’un « K » épanoui, est à votre disposition pour vous aider à le comprendre.  >>>le livre

Blocages et découragement

En classe, un enfant se fatigue. L’attention demandée, couplée à l’envie de faire plaisir et d’accéder à ce que les adultes attendent de lui, crée une pression mentale et physique. Si l’on prive l’enfant de son temps de pause alors qu’il est fatigué, on lui ôte les moyens de redevenir performant en revenant en classe. Comment un petit ou un grand peut-il faire pour continuer à nous obéir? Le grand peut noter l’incohérence et y voir une injustice. Le petit ressent inconsciemment l’injonction contradictoire. Soit il s’endurcit, soit il se décourage.

L’élève qui se ferme quand on le stresse de façon incohérente déclenche un blocage qui peut le poursuivre toute sa vie. À l’image de ce jeune de 13 ans, fâché avec les mathématiques parce qu’à 8 ans l’enseignante le forçait à rester pendant la récréation pour finir son exercice. En exagérant un tout petit peu, on peut imaginer que certains enfants ont été ainsi dégoûtés des apprentissages scolaires. On en connait qui ont préféré passer pour un âne pour échapper au stress.

Un autre profil d’élève, celui qui veut vraiment bien faire, s’il est privé de la récréation, c’est-à-dire de la bouffée d’oxygène lui permettant de tenir, ne se sent plus de force pour continuer le combat. Il jette l’éponge, laisse tomber, baisse les bras. On dit de lui qu’il ne fait pas d’efforts ou qu’il n’est pas motivé. Il est simplement découragé. Il n’a plus confiance, ni en lui, ni dans le système où il n’a pas trouvé sa place, ni dans les adultes. Quelque chose en lui est mort. L’adulte a tout perdu quand il a privé l’enfant d’espoir. Comme ces enseignants qui condamnent un élève, et il y en a plus qu’on le croit aujourd’hui, avec une phrase assassine comme « tu ne feras jamais rien de ta vie! »

Dans ces cas, l’enfant n’a aucun moyen pour sonner l’alarme de façon constructive. Cette responsabilité repose sur les parents.

Prenez au sérieux votre enfant qui dit être gardé en classe sur le temps de récréation. Jusqu’à son entrée au collège, vers 11 ans, soyez le garant que son développement est protégé. Intervenez de façon diplomatique afin de protéger son plaisir d’apprendre.