La relation parents enseignants

Pas toujours facile le dialogue entre parents et enseignants!

On est parfois sur le mode échange de reproches, alors que ce serait plus utile d’être branchés sur la recherche de solution.

Heureusement dans beaucoup de cas, ça se passe très bien.

Mais vous est-il déjà arrivé de rentrer chez vous après une entrevue à l’école absolument mécontent? Voire même carrément en colère?
Mal dans votre peau de la manière dont l’entrevue s’est déroulée?

Eh oui, parfois nous sommes « convoqués à l’école ».
Le mot déjà a un goût d’autorité légèrement amer dans la bouche.

  • Soit nous sommes déjà au courant d’un problème et nous y allons à reculons en sachant déjà que ce sera désagréable.
  • Soit nous ne savons rien et nous y allons en nous demandant ce qui va nous tomber dessus. Là non plus, aucune perspective agréable.

L’entrevue se déroule et nous pouvons en sortir mal à l’aise, en colère, nous sentant coupable, mécontent, abattu, etc… J’arrête là car la liste des ressentis que les parents me partagent est bien longue.

C’est même parfois une des raisons de la prise de rendez-vous: « on ne sait plus comment s’y prendre avec les enseignants ».

En effet, quand les enseignants sont démunis face à un enfant, ils se tournent souvent vers les parents pour trouver une solution.

Je le redis, et j’y tiens, très souvent la concertation parents/enseignants est facile, souple, constructive et collaborative.

Pour les cas où ça ne l’est pas, voici le mode d’emploi.

  • Si à l’école, vous avez l’impression de « vous êtes fait gronder », vous vous sentez mal.
  • Si à l’école, vous avez essuyé des reproches, vous vous sentez mal.
  • Si à l’école, vous n’avez pas eu l’occasion de donner votre point de vue, vous vous sentez mal.
  • Si à l’école, vous avez l’impression d’être passé devant un tribunal, vous vous sentez mal.

Dans tous ces cas, votre impression de malaise vient de la sensation d’avoir été infantilisé. Et c’est très désagréable!!!

En effet, beaucoup d’enseignants s’adressent aux parents comme ils s’adressent aux enfants. Ils sont la figure d’autorité. Ils grondent, font des reproches ou culpabilisent sans même s’en rendre compte.
On dirait « déformation professionnelle ». C’est tellement leur quotidien que cette posture peut vite déborder en dehors de la classe.

Quant au parent en face, il peut réagir

  1. soit en « enfant » : émotion (je m’affole, je m’énerve, je pleure) ou rébellion (je me fâche, je contredis avec véhémence) ou soumission (j’acquiesce à tout, je suis triste, je me sens coupable),
  2. soit en « parent » : en mettant l’enseignant en posture d’enfant (très rare et plutôt déconseillé)
  3. soit en « adulte responsable » : en demandant les faits et les chiffres pour réfléchir de manière détachée émotionnellement et commencer la recherche de solution

Vous voyez où je veux en venir? La réaction n°3 vous permettra d’être considéré comme un partenaire digne de confiance, gouverné par la réflexion et observateur objectif.

Le simple fait de réagir en adulte responsable va faire changer l’attitude de votre interlocuteur. Il tendra lui-même à adopter la même posture. Ce sera beaucoup plus facile de collaborer et de trouver la meilleure solution.

Si l’on s’adresse à vous en mode « parent » et que vous régissez en mode « enfant », vous autorisez inconsciemment votre interlocuteur à continuer de s’adresser à vous comme à un enfant.

Ou comme dirait très justement  une maman  :
– C’est comment pour vous les relations parents/enseignants ?
– Ouh là! Vaste sujet! Tout dépend de l’implication de l’enseignant à vouloir faire progresser chaque élève selon son profil et ses besoins. Disons qu’ un parent qui manque de confiance en lui se fait vite dévorer par l’enseignant qui croit tout savoir…
– Oui c ‘est très vrai! et vous, c’est ok?
– Moi non, je manque complètement d’assurance…

J’utilise très souvent cet outil : les trois états du moi de l’analyse transactionnelle (Eric Berne); le moi parent, le moi enfant, le moi adulte. C’est à la portée de tous et cela permet très facilement d’observer nos modes de relation.

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Pascaline

2 réactions sur “ La relation parents enseignants ”

  1. Delphine CLARISSE

    Bonjour,
    Merci pour tous vos articles et vidéos.

    Nous (les 2 parents) avons été convoqué par les 3 enseignantes de notre fils de 5 ans en 2016. Au terme de la discussion, nous avons convenur d’emmener consulter notre fils dans un CMP attaché à l’hôpital psy de notre secteur. Conclusion, « votre enfant est normal et il n’a que 5 ans ! » Le directeur du centre de loisirs et des Temps d’Activité Périscolaire nous a fait part récemment que notre enfant pourrait être kinesthésique. J’ai écouté et regardé plusieurs de vos vidéos qui pourrait conforter cette possibilité. Il bouge tout le temps, et même s’il fait une autre activité, il intègre très bien ce qui se passe autour de lui (notamment aux activités périscolaires qui est plus souple que l’école ou il peut apprendre une chanson complète sans la répéter avec les autres mais en faisant son activité manuelle) et il n’a aucun retard dans son apprentissage scolaire pour l’instant même s’il ne fait pas son travail en même temps que les autres enfants (ce qui risque de poser problème quand il rentrera au CP en septembre 2017). Il perturbe la classe évidemment et il est très têtu. Il a eu du mal en début d’année scolaire mais maintenant qu’il a de l’affection pour la maîtresse principale cela se passe mieux. La rentrée prochaine, il change encore de maîtresse pour le CP. Notre inquiétude porte sur ses apprentissages fondamentaux au CP, il est censé devenir élève selon le programme scolaire au cours de cette année de grande section, il est plus calme qu’au début de l’année (Je lui ai fait faire une séance d’osthéophatie et il me demande régulièrement de l’emmener) mais qui nous dit que cela ne va pas le perturber encore ? . L’osthéopathe m’a conseillé de le faire consulter par une pédo-psychiatre, que peut-elle nous apporter de plus ? Peut-elle nous confirmer que notre fils est kinesthésique ? Le sera-t-il toute sa vie ? Comment l’aider à appréhender ce passage au CP ?

  2. pascaline Auteur Article

    Bonjour Delphine
    Je comprends votre questionnement et vous faites bien de penser au CP dès maintenant.
    Pour un kinesthésique, il est très important d’être dans la prévision.
    Connaissez vous son futur enseignant? Quel « feeling », quel ressenti a votre fils envers cette personne?
    Aime-t-il sa future école? La trouve-t-il jolie?
    Suite du message en privé..

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